16 janvier 2008
Attiéké de Côte d’Ivoire
La route était longue et parsemée d’embûches et d’ornières de toutes sortes ; dans tous les villages, les femmes s’activaient ; devant les cases, étalée par terre et séchant au soleil, une espèce de semoule plus ou moins grossière : le manioc ;
c’était l’ultime transformation pour pouvoir le consommer ;
cette plante importée des Amériques pour sa facilité de culture et ses qualités nutritionnelles n’en reste pas moins très toxique ;
les femmes commençaient par rouir le tubercule ; cette technique de fermentation exige un doigté particulier, car si le trempage dans l’eau enlève de la toxicité, une macération trop longue s’accompagne bien évidemment de pourrissement ;
après séchage, devant les cases et par groupe de 4 ou 5 elles le pilaient dans de grands mortiers ; une véritable grâce dans ce geste issu de la nuit des temps ;
parfois il accompagnait les viandes de brousse dans des sauces longuement mijotées ; les larges marmites posées sur des braseros de fortune fumaient et emplissaient l’air de ce parfum si particulier de gibier « boucané » fumé et séché ;
ensuite elles préparaient la chikwangue; insipide et fade, le manioc est alors moulé dans une feuille de bananier puis cuit à l’eau ; servi en accompagnement de la sauce, il est utilisé comme du pain ; avec les doigts on en fait de petites boulettes ;
difficile pour moi de refuser cette sorte de petit snack coupe la faim, ami du voyageur et qui se conserve plus de 15 jours…
en Afrique de l’Ouest, après les mêmes gestes ancestraux il est transformé et conditionné d’une toute autre façon ;
l’attiéké de Côte d’Ivoire est maintenant conditionné en « sachet fraîcheur : plus de saveur, plus de plaisir « ; on le trouve, comme la semoule de blé en différentes grosseurs ;
son parfum est très particulier et la pointe d’ acidité est tout à fait agréable ;
après 5 mn de cuisson à la vapeur, ne vous étonnez pas de sa texture un peu élastique ; c’est ce qui fait son charme ; mais n'oubliez pas la sauce !
J’aime bien çà ;
Technorati tags : recette attiéké semoule+manioc accompagnement
Je grignote,
Tu dégustes,
Il dévore,
Elle savoure,
Nous goûtons,
Vous ripaillez,
Ils bâfrent, avalent, boulottent, cassent la croute, chipotent, gueuletonnent, dînent, mordent, bouffent, font bonne chère, se goinfrent, engloutissent, cassent la graine, collationnent, mastiquent, gobent, se restaurent, soupent, se sustentent, se gorgent, rongent, se bourrent, se rassasient, se régalent, se les calent… Entrées, Pic nic sur canapé, Légumes & accompagnements, Poissons, Viandes, Plats complets, Sauces & dips & condiments, Les doux mets de Dumè ;
Commentaires
Je t'envoie ma fille. Elle a étudié l'alimentation en géographie et on parlait de manioc. Très beau billet.
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Je n'avais aucune idee que ca pouvait etre toxique. Meme plus besoin de le piler soi-meme alors? Quelque part, c'est dommage.